Ce qui domine dans l'art du portrait chez Medrea c'est le souci de l'objectivité. L'artiste scrute ses modèles d'une certaine distance, il préfère surprendre les traits stables d'une personnalité et moins les états d'âme transitoires. Ses portraits sont aussi concis que les définitions.
© Editions Meridiane
Dans le portrait de Barbu Stefanescu Delavrancea (1858-1918, écrivain et homme politique roumain), sa première œuvre installée dans l'espace public bucarestois (avenue Kiseleff, 1920), Medrea saisit la puissante expressivité de la physionomie de son modèle, tout en respectant les conditions que le plein-air impose, c'est-à-dire des formes amples, vigoureuses.
Quelques-uns de ses portraits sont des chefs-d'œuvre de la sculpture roumaine : les portraits de ses collègues et amis – les peintres Marius Bunescu et Ion Theodorescu-Sion – ces deux œuvres datent de 1929, le buste du peintre Gheorghe Petrascu, de même que le portrait de Nicolae Darascu, un autre ami du sculpteur.
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Marius Bunescu
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Ion Theodorescu-Sion
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Gheorghe Petrascu
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Nicolae Darascu
Le portrait de Marius Bunescu excelle par son réalisme. L'air fruste du peintre, gardé de son ascendance paysanne, sa ténacité et un certain comportement franc et loyal sont les traits qui se dégagent aussi du portait de Medrea. Le détail naturaliste (la moustache, la verrue sur le nez) est accepté et intégré intelligemment dans un ensemble, sans dégénerer par l'abus d'effets pittoresques.
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La délicatesse et la sensibilité "à fleur de peau" sont les qualités du portrait de Vasile Popescu (1894-1944), l'un des amis de Medrea, un portrait d'exception qui redonne vie à la pesonnalité de ce peintre, aussi discret qu'original.
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Un remarquable portrait féminin est celui de l'artiste-sculpteur Elena Serova, la première femme de Medrea. La bizarre inexpresivité et l'opacité du regard volontairement recherchés évoquent le mystere de la féminité.
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C'est à deux reprises que Medrea sculptera le portrait de Gheorghe Lazar, la première fois en 1924 pour la ville de Cluj (la statue sera déplacée à Sibiu, après le Diktat de Vienne) et la deuxième fois en 1938 pour Avrig, le village natal du professeur. Le premier portrait, qui reste à un niveau d'épigone, plus conventionnel, plus académique, témoigne de l'admiration pour la statue de Ion Georgescu de la Place de l'Université, est nettement dépassé artistiquement par le portrait de 1938. Bien que l'œuvre d'Avrig ait été transposée en pierre et non en bronze, les qualités de la forme configurée par modelage se sont gardées, ainsi le frémissement de la matière suggère admirablement bien la psychologie du penseur.
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